Julia, 29 ans, adoptée au Guatémala

Bonjour à tous !

 

Je suis arrivée en France en Juin 1981, j'avais presque 2 mois.

Mon adoption s'est très bien passé et j'ai grandi au sein d'une famille qui m'a apporté beaucoup de bonheur et d'amour.

Je pense avoir compris que j'étais adoptée lorsque mon petit frère est arrivé à la maison, car il n'est pas de la même origine que moi. Mes parents m'ont toujours bien expliqué les choses. Ils trouvaient toujours les mots pour répondre à toutes mes questions sur l'adoption (entre autres).

Petite, lorsqu'ils me demandaient si je voulais regarder un reportage télévisé sur mon pays, regarder des livres, des photos etc.. j'ai toujours dis oui. Je me disais « Je suis née la bas alors ?! ». Les gens me ressemblaient plus ou moins physiquement, mais je percevais déjà le gouffre qu'il y avait entre eux et moi. N'ayant aucun souvenir de mon pays de naissance, j'avais plus l'impression que j'étais née un beau jour d'Avril en France, qu'à des milliers de kilomètres.

Mon dossier d'adoption a toujours été comme un grand livre ouvert, et consultable n'importe quand. Il suffisait que je demande et on lisait les informations tous ensemble. Comme si on regardait l'album de ma naissance. Du coup, très tôt, je connaissais les informations en ma possession. Et dans ma tête je m'étais dit « Un jour je ferais des recherches », mais quand ?

Au fil des années, je ne me suis jamais bien plus intéressée au Guatemala. Pourtant j'aurais aimé mieux le connaître pour pouvoir en parler aux autres, lorsque l'éternelle question « Et tu y es déjà retournée ? » m'étais posé. Non seulement je n'étais jamais retourné d'abord parce que je ne parlais pas espagnol (à mon grand regret) et puis parce que je me sentais française. Surtout je savais que j'aurais eu envie de faire des recherches sur place. Mais je crois que rien ne me faisait plus mal dans ce genre de discussion, lorsque quelqu'un osait me demander « Tu as encore de la famille la-bas ? » et que ma réponse était toujours « Je ne sais pas ». Simplement je ne me sentais pas prête, ni a rencontré une autre culture, ni à entendre des vérités.

Et puis un jour, j'ai eu la chance de rencontré "M". Une autre guatémaltèque, mais pas adoptée. C'est à dire avec la culture latine, parlant espagnol et connaissant le pays puisqu'elle y a vécu plus de 20 ans. Elle m'a appris beaucoup de choses de là-bas, de ce qu'elle savait, de son vécu. Mais surtout, elle m'a proposé son aide pour faire des recherches sur ma mère biologique et j'ai accepté. Quelques mois après, elle m'a annoncé qu'elle avait retrouvé ma mère…. . Et là, tout ce que j'ai toujours voulu savoir, toutes les questions que je m'étais posé durant ces 24 ans, tout a été effacé en l'espace de quelques phrases. Un vrai bouleversement dans ma tête et dans mon cœur. Mais j'en suis vraiment heureuse.

Mais j'ajouterais que ces recherches m'ont aussi permis de plus m'intéressée à mon pays de naissance, que ce soit au niveau de l'espagnol, que de la culture guatémaltèque.

Cela m'a aussi permis de me mettre en contact avec l'association grâce à qui j'ai rencontré des personnes formidables et avec qui j'ai partagé mon vécu, mon histoire mais aussi mes questionnements.



Aujourd'hui je suis retournée au Guatémala. Après 2 ans de rapprochement avec cette culture, je me suis sentie prête. Je n'ai pas été déçue. Mes parents et mon mari m'ont accompagnés et nous avons réalisé un voyage initiatique fabuleux. Les étoiles pleins les yeux, nous sommes rentrés.

Puis, quelques mois plus tard, j'ai souhaité passé une autre étage : celle de la rencontre avec la femme qui m'a mise au monde.



Là aussi mes parents et mon mari sont venus. Cette rencontre, je crois que je ne pourrais jamais vraiment mettre des mots dessus. ça se vit. Tout ce que je peux dire c'est que ça été très fort en émotions de part et d'autre. Nous avons passé une semaine avec ma mère de naissance, mes soeurs et le mari de ma grande soeur à s'apprendre, se découvrir.... J'attends maintenant de repartir car ils font maintenant partie de la famille à part entière.



Alors je tenais a remercier sincèrement d'abord ma famille dont le soutien a été nécessaire pour avoir les épaules plus solides, mais aussi tout ceux qui ont su me tendre la main depuis le début de cette histoire : merci à tous !



21/09/2005
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