Famille Dupré, parents adoptifs de 5 enfants: Une grande histoire d'amour

Une grande histoire d’amour

  

L’ histoire de notre famille commence le 22 mars 1975, date de notre mariage : jour de joie et de bonheur avec le projet de fonder une famille nombreuse. Très vite nous apprenons que nous ne pourrons pas avoir d’enfant. Après un temps d’abattement, nous commençons à chercher comment adopter un enfant. Nous ne pouvions pas concevoir notre vie sans voir grandir la vie autour de nous. Nous n’avions que 9 mois de mariage et partout où nous nous adressions il fallait 5 ans. Enfin en Octobre 1978, des cousins nous donnent l’adresse de La Casa de la Madre y el Niňo à Bogota où il est possible d’adopter un bébé sans ces 5 ans fatidiques. Très vite nous constituons le dossier nécessaire et 9 mois après nous partions à Bogota chercher notre premier enfant Goëry qui avait huit jours, pesait 2kg mais ne demandait qu’à vivre et à être aimé.

 

                  

 

papa et Goëry Juillet 1979

 

Quelle joie d’accueillir ce petit bout qui passait sa vie à dormir, buvait péniblement ses 60g de lait et a eu du mal à démarrer. A notre retour en France, cinq semaines plus tard, il ne pesait toujours que 2,500 mais la vie de famille lui a réussi et à 3 mois il avait récupéré le poids de son âge, a commencé à sourire  et faisait le bonheur de ses parents. En  Janvier , nous recommencions les démarches pour un deuxième, mais là ce fut beaucoup plus long, car la Casa avait de plus en plus de demandes et la Colombie a fermé ses portes à l’adoption pendant plusieurs mois. De désespoir, nous avons cherché une autre adresse et c’est ainsi que nous avons fait une demande au Guatémala. Est arrivé ce qui devait arriver, deux enfants nous sont arrivés en quelques mois. En Juillet 1982, donc trois ans après notre fils aîné, la Casa nous annonçait qu’il y avait un enfant pour nous. Début Août nous nous envolions donc pour chercher Erwan, gros garçon de plus de 3 Kg. Je pensais que je n’arriverais jamais à aimer un deuxième enfant autant que le premier, mais dès que je l’ai eu dans les bras ce fut le coup de foudre

 

 

 

Je vous présente mon petit frère Erwan

 

L’adaptation s’est faite sans problème et nous profitions de nos deux garçons lorsqu’en décembre le Guatemala nous annonçait qu’il y avait une petite fille pour nous. Quel bonheur, car nous n’avions jamais le sexe des enfants. Il nous a fallu attendre jusqu’au mois de Juin pour voir arriver notre petite Myriam qui avait alors 7 mois. Nous sommes allés la chercher à l’aérodrome de Bruxelles car deux absences prolongées pour Goëry aurait été de trop, mais nous regrettons fort de ne pas être allés au Guatémala.

 

 

 

Je vous présente ma petite sœur Myriam

 

Deux enfants nés la même année, à 4 mois d’intervalle cela a quelquefois posé quelques problèmes à l’administration !!!!! Mais nous , nous nagions dans le bonheur. Lorsque nous avons installé pour la première fois Myriam dans le parc avec Erwan, il a cru que c’était une nouvelle peluche et l’a attrapé par les cheveux mais très vite elle a su se défendre en mordant..... Que de bons souvenirs. Quelques années après, Myriam a commencé à réclamer une sœur ; pourquoi pas ? Mais quand vous avez déjà la chance d’avoir 3 enfants il est difficile de trouver un organisme qui veuille bien accepter un nouveau dossier. Nous n’étions pas exigents : un ou deux enfants dont une fille plus jeunes que Myriam. Quand Myriam à eu 8 ans le biennestar de Bogota a bien voulu de notre dossier et quelques mois plus tard nous étaient attribuées deux petites filles de 7 et 4 ans. Là, aussi, il a fallu attendre 5 mois avant que tous les papiers soient en règle : ce fut une très longue dernière attente, mais nous ne l’avons pas regretté. Le 1er Avril 1992 nous nous envolions pour Manizalès au nord de Bogota chercher Gwenaëlle et Marie-astrid. Expérience bien différente mais tellement merveilleuse d’accueillir ces deux petites sœurs, de faire connaissance, d’apprendre un peu d’espagnol pour se comprendre....

 

 

Les premiers contacts

 

Le 15 Avril 1992, la famille est  enfin réunie dans notre petit coin d’Ile de France.

 

 

 

de gauche à droite : Gwenaëlle, Myriam, Erwan, Marie-Astrid, Goëry

 

 L’adaptation se fait très vite, même si Myriam a un peu de mal à laisser sa place de dernière à Marie-Astrid. En six mois elles parlent parfaitement le Français. Peu à peu une complicité se créée entre eux et lorsqu’aujourd’hui nous les entendons raconter tous leurs souvenirs d’enfance et de jeunesse vécus en dehors de notre regard, beaucoup d’enfants les envieraient. Bien sûr, il y a eu des moments difficiles, il y a même eu un gros dérapage avec l’un d’eux, mais il a su se récupérer et est maintenant dans la vie active. Parfois ils nous ont surpris, bousculés même, car nous avions du mal à nous reconnaître en eux et il a fallu faire le deuil des enfants dont nous avions rêvé pour accepter ceux qui nous étaient envoyés, avec leurs différences, leurs richesses ( adieu la jupe plissée, bonjour le bagui.....). Nous les accompagnons maintenant sur les chemins qu’ils ont choisis, notre seul souci étant qu’ils soient heureux dans ce qu’ils font. Notre plus beau cadeau est de les voir se téléphoner, se voir entre eux alors que nous n’y sommes pas.  

Nous terminerons cette histoire en disant que si c’était à refaire, nous repartons demain. Mais pour le moment nous attendons un petit enfant pour le mois de Septembre..... La vie continue.

 

 

Jacques et Catherine Dupré

 

 

 

De gauche à droite : maman, Gwenaëlle, Erwan, Goëry, Marie-Astrid, papa, Myriam



06/03/2006
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