Eva, 24ans, adoptée du Guatémala
Présentation
Bonjour à toutes et à tous
A la demande de Julia je vous propose le témoignage de mon adoption.
Je me présente, je m'appelle Eva et j'ai 24 ans, née au Guatemala. J'ai
été adoptée à 11 mois et demi, autrement dit, aucun souvenir de mon
pays d'origine.
Puis,
je suis revenue au Guatemala, ma santé ne s'améliorant pas beaucoup, on
leur a conseillé de me mettre en adoption afin que je puisse obtenir
les soins nécessaires à ma survie. Mon père travaillait comme jardinier
dans un orphelinat, je fut donc placé là-bas. C'est avec beaucoup de
peine et de tristesse que mes parents m'ont laissé une chance de
pouvoir vivre et je suis arrivée en France à 11 mois et demi.
J'ai toujours été élevé dans la vérité de mon adoption. Mon dossier
était consultable autant de fois que je le souhaitais. Grâce à ma
famille d'accueil des USA, j'ai eu la chance, que peu d'adoptés ont eu,
d'avoir une photo de ma famille du Guatemala. J'ai grandi avec cette
photo dans ma chambre. Des fois je me demandais où ils pouvaient bien
être, s'ils étaient encore en vie, et je me disais que je ferais des
recherches quand je serais plus grande.
A
la suite de ce voyage, je me suis interrogée, suis-je passée à côté de
mes parents sans les reconnaître ? Suis-je passée devant leur
maison ? Après quelques mois de réflexion, pour mon anniversaire
d'arrivée en France, mes 18 ans en France, j'ai dit à mes parents que
je voulais retrouver les traces de mes parents du Guatemala. Il faut
savoir que mon anniversaire d'arrivée est pour moi une seconde
naissance dans une seconde famille. Ils m'ont dit qu'ils étaient
d'accord, mais après mon baccalauréat.
Puis
je suis entrée à l'école d'infirmière et j'ai commencé à chercher sur
le net une association basée au Guatemala qui puisse retrouver mes
parents. Pendant plusieurs mois, j'effectuais des recherches
jusqu'au jour où j'ai trouvé « Casa Alianza », une
association. J'ai encore laissé passé quelques mois, car je ne voulais
pas compromettre mes études et je voulais être sure de mon envie de
recherche. Pendant tous ces mois, mes parents m'ont prévenu de ce que
je pouvais découvrir et je m'y étais préparée.
Mes retrouvailles
Mes retrouvailles ont été filmées pour des racines et des ailes,
elles se sont passé en juillet 2002, j'avais 20 ans. Après toute une
suite de courrier et d'appel avec mes parents de là-bas, j'ai organisé
mon voyage au Guatemala. Je suis partie avec deux de mes sœurs d'ici.
Je
me souviens avant de partir de France, j'avais beaucoup d'appréhension,
me demandant comment se passeraient ses retrouvailles.
Arrivée
au Guatemala, à l'aéroport, ma famille m'attendait : mon père, ma
mère, mes deux frères et leurs femmes et enfants, mes tantes et leurs
enfants, mes cousins et la télévision locale. Beaucoup de monde, et peu
d'intimité. Le lendemain, ma mère me présentait son
« comedor » là où il travaillait et je faisais connaissance
avec tout le monde. Une fête avait lieu pour mon retour au Guatemala.
Beaucoup de monde, et là aussi peu d'intimité, impossible de vraiment
être avec mes parents, ma famille…
Ensuite,
j'ai entrepris un petit voyage avec mes parents et un de mes frères. Ma
mère ne connaît pas tout le Guatemala. Je les ai emmenés au marché de
Chichicastenango, à Antigua… Je faisais découvrir mon pays à mes sœurs
et aussi au journalistes. Bien sûr je suis repassée à l'endroit où je
suis née. Je suis même rentrée à l'hôpital et ma mère m'a raconté
comment c'était passé l'accouchement. J'ai rencontré la personne qui
s'est occupé de moi à l'hôpital et ma mère m'a donné le nom d'Etelvina,
car cette personne portait ce nom.
J'ai
également visité l'orphelinat où j'ai été placé, ce fut un moment
difficile. Voir tous ces enfants, sans parents, seuls et n'attendant
qu'une seule chose, une FAMILLE ! Dur de repartir en les laissant
là. J'ai retrouvé le registre où mon adoption a été enregistrée, j'ai
même pu le photographier.
Au
début, les retrouvailles ont été difficiles car ma mère me parlait
toujours du passé, que je connaissais déjà, et moi je voulais parler de
sa vie actuelle, de nos retrouvailles. Puis au fur et à mesure, elle a
compris que je ne lui en voulais pas et que je voulais laisser le passé
de côté et aller de l'avant.
En
venant du monde occidental, les gens s'imaginent que nous avons tout
pouvoir et que nous avons beaucoup d'argent. Il est vrai que nous avons
une vie beaucoup plus confortable et que nous avons plus d'argent, mais
le niveau de vie es très différent. Leur faire comprendre que, oui nous
avons de l'argent, mais malgré tout venir au Guatemala est assez
coûteux, reste difficile… ils nous regardent avec envie, car ils
aimeraient bien avoir une vie aussi confortable que la nôtre.
Malgré
les débuts difficiles, le voyage s'est très bien passé et j'en étais
très contente, car à la fin j'avais ce que je désirai. J'étais avec ma
famille et elle me faisait découvrir sa vie au quotidien et on
apprenait à se connaître.
Je
suis revenue au Guatemala avec le fils de mon frère, Wilson. Il était
convenu avant même de partir que je rentre avec lui afin de le faire
opérer ici en France par des spécialistes. Le petit est né avec une
malformation des mains. Je suis donc revenue avec un enfant de 5 mois
dans les bras.
L'après retrouvaille
Après l'hospitalisation, le petit Wilson est reparti dans sa famille, le chirurgien a fait ce qu'il a pu.
Nous avons continué de correspondre et de se téléphoner.
J'ai effectué un autre voyage en janvier 2004, cette fois je suis
partie avec une amie. Encore une fois, j'ai organisé mon voyage mais
cette fois, je logeais chez ma mère avec mon amie, donc nous allions
vivre leur quotidien, une bonne expérience. Rien de tel pour découvrir
le quotidien d'un guatémaltèque. Il faut savoir que les poules aiment
beaucoup visiter les maisons… l'eau chaude n'existe pas vraiment, mais
au moins l'eau courant était là ! Leur quotidien n'est pas
toujours évident, et on voit beaucoup de choses qui ne se voient pas
tellement en France. Dès leur plus jeune âge, les filles apprennent à
faire la lessive (à la main évidemment), la vaisselle, et les garçons à
manier une machette. Les filles les plus grandes (vers l'âge de7-8
ans), s'occupent des petits, les lavent…
Voir
les enfants faire leur devoir, voir les plus grands aider les plus
petits, beaucoup de petites choses qui sont intéressantes à voir car
très différent de chez nous.
Toujours
est-il, qu'ayant gardé des contacts très réguliers avec ma famille, mon
frère m'avait demandé de reprendre son fils, mais cette fois pour qu'il
ait une chance de s'en sortir dans la vie. Il voulait lui assurer un
avenir en lui permettant d'être élevé en France, de pouvoir accéder à
des soins et une éducation qu'il ne pourrait avoir là-bas. Après un
très grande réflexion avec mes parents, ici en France, nous avons pris
la décision d'accepter et de le prendre en charge en France.
Ainsi,
j'ai effectué les papiers nécessaires au Guatemala avec l'aide d'une
avocate que connaissait mon frère. Ce fut très difficile, car mon frère
voyait les choses déjà acquises. Il se trompait lourdement, et comptait
sur moi pour trouver une solution.
J'ai
fini par trouver le moyen de ramener mon neveu, après que je sois
renter en France. Il vit maintenant avec mes parents et moi, et malgré
les difficultés que j'ai à obtenir l'équivalence des papiers
guatémaltèques, je ne regrette pas mon choix, même si ce n'est pas tous
les jours évident. Je suis responsable de cet enfant, et je compte lui
offrir une chance de réussir dans sa vie, à la demande de ses parents.
J'aimerai lui offrir la même chance que j'ai pu avoir.
Une
fois que l'on a retrouvé sa famille, on ne peut pas dire,
« chouette je vous ai retrouvé et maintenant je vous
abandonne ». Mais on ne peut pas non plus résoudre tous leurs
problèmes. Le pays est loin et on ne peut se déplacer en un claquement
de doigt. Il est difficile d'accepter que des choses dures se passent
là bas pour eux, et que nous, à des milliers de kilomètres, ne pouvons
rien faire, car trop loin.
J'ai
fais le choix d'aider ma famille, en aidant le fils de mon frère, en
aidant à la scolarisation du fils aîné de mon premier frère et en
aidant ma mère financièrement. Mon choix reste tout à fait discutable,
mais c'est le mien et je l'assume parfaitement. Chacun de nous fait que
qu'il peut et nos choix sont guider par notre histoire et par notre
cœur. Quoiqu'en pense les autres, n'écoutez que votre cœur et laisser
les dire.
Conclusion
A
chacun de mes voyages, j'ai beaucoup appris, et j'en suis revenue très
contente, même si ce ne sont pas voyages de tout repos. Il faut savoir
que la pression psychologique est énorme, et qu'il faut en être averti,
car certaines personnes ont du mal à la supporter. Eux s'imaginent que
nous avons tous pouvoirs et que la vie est très facile pour nous… en
tout cas elle est un peu plus facile pour nous que pour eux, cela reste
certain.
A
chacun de mes retours, je me sentais revenir sur une autre planète, une
impression très nette que se sont deux mondes différents. Là-bas tout
le monde sourit même s'ils ne nagent pas vraiment dans le bonheur, et
ici tout le monde fait la tête et c'est chacun pour soi.
.
Voilà
mon histoire est terminée. Dans toute mon histoire j'ai beaucoup
cheminée seule. Je vous la raconte afin qu'elle puisse aider d'autres
gens, car personnellement, j'aurais aimé des mots réconfortant, des
lueurs d'espoir dans mes jours de désespoir ou tout simplement un
soutien. Je reste à la disposition de ceux qui veulent un conseil, un
soutien ou je ne sais quoi d'autre.
Merci
à l'association, car j'ai toujours voulu discuter avec des personnes
adoptées d'Amérique latine et particulièrement du Guatemala afin de
pouvoir parler du pays. Mais parler avec d'autres adoptés est aussi
très enrichissant. Nous vivons tous notre adoption différemment car
nous avons des histoires différentes mais nous avons un point commun,
l'adoption, que les non adoptés ne peuvent comprendre, comme nous le
ressentons.
Eva.

Commentaires
Paulina Oneto le 19/11/2007 à 13:27:45Bonjour à tous
Je m’appelle Paulina Oneto, chilienne.
Je voudrais vous envoyer tous mes sentiments de respect et un message d'espoir et force surtout pour les personnes qui sont en train de chercher leurs liens avec leurs familles et pays d'origine. Je voudrais remercier aussi à tous les personnes qui partagent leur histoires, et qui à travers des mots, des phrases, nous expriment leurs experiences particuliers.
Je voudrais vous presenter le sujet de recherche que je suis en train de developper, et si il y a quelqu'un qui l'interesse peut me contacter. De tout façon s'il y a quelqu'un qui veut seulement apprendre l'espagnol je suis disponible pour partager.
Au Chili, en tant que Psychologue j’ai travaillè surtout dans le cadre des interventions de l’Enfance et la Adolescence.
Cette annèe je suis en train de faire un Master 2 en Psychologie de l’Enfance et l’Adolescence à Bordeaux. ça comme une manière de perfectionnement pour pouvoir faire des meilleurs interventions avec les enfants et jeunes avec lequels je travaille.
Dans le Master je dois faire une Memoire. J’ aimerais bien developper une recherche sur le thème de : comment vivent la parentalitè (l’être parents) personnes qui dans son histoire dans le passè ont ètè adoptèes et qui vivent en France.
Je dois faire ma recherche avec la participation de 4 personnes.
Je voudrais remercier si quelqu’un peut m’ aider à trouver des personnes en Bordeaux ou bien me colaborer directement avec une ou deux entretiens futures.
Cordialement Paulina ONETO
mon mail est : paulina_oneto@yahoo.com.ar[/i]
Hola a todos/as
Mi nombre es Paulina Oneto, chilena. Quisiera enviarles mis sentimientos de respeto y un mensaje de esperanza y fuerza sobre todo a aquellas personas que se encuentran en la bûsqueda de sus lazos familiares y paîs de origen. Quisiera agradecer tambiên a todas las personas que comparten sus historias, quienes a travês de las palabras nos expresan sus experiencias particulares.
En esta ocasiôn quisiera presentarles el tema de la investigaciôn que estoy comenzando, por si a alguien le interesa participar en ella. Si no, de todas maneras ofrezco la posibilidad de contactarme para hablar en espanol y compartir.
En Chile he trabajado principalmente en el ârea de la Infancia y la Adolescencia. Como una manera de especializarme un poquito màs en el ârea que me apasiona, durante este periodo estoy en Bordeaux, Francia realizando un Master 2 en Psicologia de la Infancia y la Adolescencia.
Dentro de la formaciôn, tengo que efectuar una Memoria. Estoy muy motivada en realizar mi investigaciôn respecto a cômo vivencian la parentalidad,el ser padres, personas que siendo bebès o ninos fueron adoptados, y que viven en Francia.
Debo efectuar mi memoria con cuatro personas y bueno la verdad es que me gustaria que al menos una de esas personas fuese un chileno o chilena que fue adoptado y reside en francia y que ahora vive la paternidad. Esto obviamente no excluye en lo absoluto mi interês en realizar la investigaciôn con personas de otros paîses.
Si alguien puede darme alguna pista en Bordeaux o colaborar directamente dàndome la oportunidad de una a dos entrevistas futuras se los agradezco enormemente.
Saludos Paulina
mi mail es : paulina_oneto@yahoo.com.ar
Eva le 16/12/2006 à 12:21:29
Bonjour Marie, désolée de répondre si tard, mais je ne me connecte plus aussi régulièrement qu'avant.
Oui j'ai eu des moments durs et des moments de doute. c'est pour ca que j'ai fini par entreprendre des recherches car c'était vital pour moi. j'y ai fait fasse rapidement cat j'aime famille d'adoption et ils ont toujours été là pour moi. être adoptée n'est pas touojours évident et on le vit tous différemment.
Marie le 27/11/2006 à 09:47:18
Bonjour, je m'appelle marie et je fais une sorte d'exposé pour le lycée (je suis en 1ere), le thème choisit est l'adoption. Je viens de lire que tes retrouvailles avient été filmées pour l'émission des racines et des ailes. je voulais savoir si tu avais enregistré cette émission et si tu pouvais m'en faire parvenir une copie ?
Je te remercie d'avance, et te souhaite une bonne continuation. et mes félicitaions pour avoir conté ton histoire si simplement.
Julie le 11/11/2006 à 16:14:40
Bonjour Eva, j'ai 15ans, j'ai lu votre histoire, une très belle histoire.
J'ai moi-même une soeur et un frère étant adoptés mais ils n'ont pas su faire face à cette adoption.
Mon frère va mieu, mais ma soeur vit très mal le fait qu'elle soit adoptée.
Je voulais savoir si vous aussi vous avez éprouvé des moments dure et est-ce que vous avez vite réussit a y faire face ?
Eva le 22/07/2006 à 10:31:18
Jessica je t'ai renvoyé un mail mais ca ne marche toujours pas. je te propose de cliquer sur mon prénom et de m'envoyer un mail et je te répondrai.
hasta luego
JESSICA le 19/07/2006 à 13:47:22
EVA JE TE RENVOI MON ADRESSE E-MAIL.MERCI DE VOULOIR COMMUNIQUER AVEC MOI!!!! HASTA PRONTO
Eva le 03/07/2006 à 10:19:49
Bonjour Jessica. je suis d'accord pour que l'on communique par mail. J'ai essayé de t'en envoyé un mais il m'a été retourné. HASTA PRONTO.
JESSICA le 30/06/2006 à 13:05:26
bonjour Eva je m'appelle Jessica moi aussi je suis adopte et moi aussi je vien du Guatemala.je voudrais savoir si ont pourrais communiquer par e-mail. merci et a bien tôt j'espère