Les 12 caractéristiques de l'enfant adopté

Réflexions autour de l'article de Michelle Bernier,

Johanne Lemieux

Travailleuses sociales, octobre 1999.

Paru sur le site http://www.quebecadoption.net/

Rubrique « post-adoption »

 

L'article vaut le détour, il serait alors dommage de le résumer, je vais toutefois en rappeler les chapitres afin d'organiser au mieux ma réflexion.

Mais rappelez-vous qu'il ne s'agit pas ici d'un transcript de l'article il faut donc le lire avant à l'adresse précitée !

 

L'instinct du survivant

On faisant de nous des survivants (souvent à des grossesses et débuts de vie difficiles, à l'abandon et parfois à d'autres terribles épreuves) l'article m'a offert un autre angle de vue. Jusqu'à présent je n'avais pas perçu les choses sous cet aspect, mon abandon n'était que la source de mes faiblesses. Toutefois il se peut qu'elle soit aussi la source de certaines de mes forces.

 

L'incomparable

C'est vrai que l'on a toujours tendance à se comparer aux autres et, plus jeunes nous n'avons pas échappé aux comparaisons d'avec les autres enfants de notre âge. De part mon métier (je travaille auprès d'enfants et d'enfants primo-arrivants) je sais bien qu'il existe une « norme » moyenne qui fixe le développement de chacun (à quel âge est-on capable de marcher, de parler de manière structurée,  de maîtriser la motricité fine…) et que chaque enfant est différent, certains avec plus de différences que d'autres de part le contexte particulier dans lequel il vit ou d'où il vient, ou parfois à cause d'autres facteurs.

Oui, je suis d'accord, l'enfant adopté est incomparable puisque son développement est lié à son passé et à son adaptation dans son nouveau milieu.

Lors du congrès EFA sur l'enfant adopté et la scolarité, nous avons pu entendre la prière des parents pour que du temps soit accordé à leur enfant au sein de l'école. Et du temps il en a besoin mais la prise en compte de ce besoin n'est pas toujours faite ou « possible » dans une école où même si on arrive à 9 ans du Pakistan on doit aller avec les autres enfants âgés de 9ans et on n'a le droit de redoubler une seule fois même si on aurait besoin de plus de temps pour bien  s'adapter et maîtriser la langue !

 

Les sommeils difficiles

Concernant ceci, rien ne m'est parvenu faisant état de problèmes de sommeils durant mon enfance. Cependant cela a commencé à se réaliser autour de mes 14ans, mais ça c'est une autre histoire ! J'en profite donc pour vous solliciter à nouveau ! Comment étaient vos nuits ?

 

L'enfant Téflon ou Velcro?

Ce chapitre annonce le futur article sur les troubles de l'attachement que nous feront plus tard ! Patience donc !

 

La reproduction de leurs modèles de survie

Ceci est très intéressant, en effet on ne s'explique pas toujours certaines de nos réactions, peut-être faudrait-il en chercher les causes dans la partie d'histoire qui nous manque ?

Un exemple rigolo : un bébé hurle jusqu'à ce qu'on lui enlève sa couche et c'est à ce moment précis qu'il se soulage ! la nouvelle maman, inquiète, en parle au pédiatre. Celui-ci émet l'hypothèse que le bébé dans sa vie d'avant devait rester souvent dans ces couches sales et faisait maintenant en sorte que cela ne se reproduise plus. Résultat la maman a économisé beaucoup de couches et a pu prendre conscience que la vie d'avant de son bébé aurait des incidences sur sa vie future.

 

Le développement en escalier

En tenant compte du fait que l'enfant adopté a souvent été fragilisé dans ses besoins fondamentaux, l'important est de répondre à ses besoins à son arrivée en adoption. Une fois qu'il sera rassuré et adapté il pourra entamer sereinement les phases de développement. On en revient à la même idée : donner du temps à l'enfant.

 

La phase de régression

Celle-ci est souvent constatée à l'arrivée d'un grand changement dans la vie de l'enfant : déménagement,  arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur. Perso, rien ne m'a été rapporté à ce sujet, quoique le fait que je sois ultra dépendante des dessins animés et que je me ronge encore les ongles sont peut-être les témoins de mon état de régression continuel !!!!

 

Le séducteur ou l'indifférent

Encore une fois, il est fait constat d'attitudes liées à la vie précédent l'adoption. Je crois qu'on a souvent dû reproduire ce qui marchait dans nos vies d'avant afin d'être sûr d'obtenir l'objet ou l'attention que l'on désire. Pour ma part je savais me faire mielleuse pour obtenir quelque chose, et attention ! Je sais toujours le faire !

 

La peur exagérée du rejet et de l'abandon

On en arrive au sujet qui fait mal ! En effet, longtemps j'ai pensé que j'étais la seule à avoir des sentiments et des peurs aussi exacerbés, et quand, grâce à l'association, j'ai rencontré d'autres adoptés qui, comme moi, avaient ou ont encore ces peurs, je me suis sentie moins seule, et surtout comprise.

Personnellement, cette peur est encore pathologique chez moi, mais je me soigne.

L'abandon est ma hantise, et celle de l'être encore est mon pire cauchemar, mon adoption n'a pas guérie cette peur. C'est la Blessure Primitive, comme le dit Nancy Verrier dans son livre, et cette blessure existe chez de nombreux adoptés même ceux qui ont été adoptés quelques heures ou jours après leur naissance. Elle l'explique de plusieurs manières que je vous exposerai dans un prochain article.

 

La non permanence des choses

Une fois encore, les peurs sont tenaces ! Comme on dit : Chat échaudé craint l'eau froide !

Comment avoir confiance quand le passé nous a fait vivre une terrible expérience de perte ? La crainte de la non permanence des choses est une réponse logique. Seule la stabilité et la confiance peut amoindrir cette peur.

Personnellement, je considère que rien n'est acquis comme beaucoup de gens d'ailleurs. Cependant, je remarque que ma confiance en l'avenir s'en avère altérée : à trop craindre l'avenir, profite-t-on vraiment du présent ?

 

La fragilité dans leurs besoins primaires

C'est un rappel de ce qui a été précédemment dit comme dans la reproduction des modèles de survie. Cette phrase est d'ailleurs souvent reprise dans de nombreux bouquins ou articles. C'est une considération importante et pourtant plutôt récente. En effet, on a souvent minimisé ce qu'un bébé peut ressentir et l'impact que cela peut avoir sur sa vie future.

 

L'instinct du petit saumon

La comparaison est sympa, et c'est vrai que certains d'entre nous se lancent dans la quête des origines en ayant des raisons et des espoirs parfois bien différents.

Je préfère ne pas en dire plus maintenant, préférant vous laisser mariner avant un prochain article spécial « remontée du petit saumon » !!

 

 

En espérant que vous ne vous êtes pas endormi en cours de route et que cet article vous aura donné envie de nous faire partager vos expériences et vos avis, je vous dis à bientôt !

 

 

 

Marie